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Title: Anagramméana, poëme en huit chants
Author: Hécart, Gabriel-Antoine-Joseph
Language: French
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CHANTS ***



ANAGRAMMÉANA.



FRONTISPICE A FAIRE.


Dans un intérieur assez délabré un homme assis, pensif, appuyé sur une
mauvaise table garnie d'un encrier; sur les murs sont collés en guise
d'estampes, des écritaux sur lesquels on lit: anagrammes, charades,
rebus, logogriphes; sur le pavé un bac au mortier avec une truelle
dedans; à côté un marteau de maçon, et autres attributs de ce métier
jettés pêle-mêle.



  ANAGRAMMÉANA,
  POËME
  EN HUIT CHANTS.

        _Quis ridere cupit?_

  PAR L'ANAGRAMME
  D'ARCHET,
  OUVRIER MAÇON, L'UN DES TRENTE ASSOCIÉS
  A L'ABONNEMENT D'UN JOURNAL LITTÉRAIRE.

  95me ÉDITION
  REVUE, CORRIGÉE ET AUGMENTÉE.

  A ANAGRAMMATOPOLIS,
  L'AN XIV DE L'ÈRE ANAGRAMMATIQUE.

  _Réimpression tirée à 200 exemplaires._
  LILLE, 1867.



RACHET

A SON AMI

OLERY

SALUT

HONNEUR, JOIE

ET

SANTÉ.



AVERTISSEMENT

DE L'IMPRIMEUR

sur cette 95me édition.


Le débit de cet opuscule fut tel, que l'on fut obligé de le réimprimer
trente-cinq fois la même année, quoique l'on tirât à six mille
exemplaires; on en expédia pour les quatre parties du monde. Il est vrai
de dire que l'époque était favorable, c'était celle du bon tems des
licences où l'on était obligé d'expédier de la librairie, des soieries
et autres objets, pour favoriser la sortie de marchandises plus
lucratives. C'est dommage que ce tems ait cessé, et que la guerre menace
d'envahir maintenant le territoire français; si j'avais pu prévoir ce
nouvel état de choses, je n'aurais pas entrepris cette nouvelle édition
qui pourrait bien rester pour mon compte; je m'en consolerai en
l'offrant à un rabais, qui ne me laissera que 75 pour cent de bénéfice
au lieu de 300 pour cent.



PRÉFACE.


Le 18e siècle a vu renaître les _Calembourgs_, les _Charades_, les
_Rebus_; le 19e a produit l'_Almanach des gourmands_, et autres
inventions aussi utiles que précieuses; moi, j'ai imaginé, puisque les
ANA sont à la mode, de faire ANAGRAMMÉANA.

Personne n'a peut-être jamais eu d'idée plus heureuse que celle que ma
muse m'a inspirée. Cette nouvelle manière de considérer les _Anagrammes_
est vraiment curieuse, puisqu'elle doit faire les délices non seulement
de mes contemporains; mais celles même de la postérité la plus reculée
où mon nom parviendra sans obstacles. Elle est encore plus heureuse
cette idée, puisqu'en me couvrant de gloire, elle ne m'attirera l'envie
ni la haine de personne; chacun satisfait du plaisir qu'il goûtera à la
lecture de mon poëme, en remerciera l'auteur, fera des voeux pour sa
conservation, et pour que les loisirs que lui laisseront ses pénibles
travaux, lui permettent continuer une entreprise aussi ingénieuse qui,
si elle a ses roses, ne laisse pas que d'avoir ses épines.

En effet, s'il est aisé de faire un ouvrage sans plan, sans intrigue,
presque sans épisodes, il est pénible d'assembler toutes ces
_Anagrammes_, de vaincre la difficulté de la rime, et de donner à chaque
distique un sens fini dans des vers d'une seule mesure et d'une si
petite dimension; à faire le mélange des rimes sans presque se répéter,
et à donner à ces répétions, lorsqu'elles ont lieu, un air tout neuf.

Il est des rimes si rares qu'il a fallu bien des recherches pour les
employer; ç'aurait été le cas de recourir au Dictionnaire de Richelet;
mais où en serait la possibilité? Non seulement il faudrait y chercher
la rime; mais il faudrait encore faire les _Anagrammes_ de tous les
mots; on sent que cela est impraticable.

Ce n'est pas pour faire valoir mon travail que j'en montre ici les
difficultés; ce n'est pas non plus pour me jetter aux pieds de mes
lecteurs, on ne doit pas se montrer en suppliant pour donner du plaisir.
Je veux seulement démontrer à des gens frivoles qui croient que tout est
facile, que rien en effet n'est plus aisé que ce genre; mais qu'il
s'agissait de le trouver. On conviendra sans peine que parmi les
découvertes dont ce siècle s'honore, celle ci n'est pas la moins utile,
puisqu'elle tend à dérider le front de ces gens austères qui semblent
avoir fait voeu de ne jamais rire; et je dis que l'homme qui rit est
plus disposé à la bienveillance, que celui qui garde un sérieux
glacé.[1]

  [1] Ce qu'on croira difficilement c'est qu'un ouvrier, un simple
    ouvrier soit l'auteur d'une découverte aussi précieuse. Je ne suis
    pas comme M. GRIMOD DE LA REYNIÈRE le fils d'un fermier général
    administrateur des postes, dont les richesses étaient considérables;
    je n'ai donc pas pu inventer l'Almanach des gourmands; les mets que
    j'offre à mes lecteurs, pour être plus simples n'en sont pas moins
    savoureux; tout dépend de l'habitude du palais.

On sera peut-être étonné de l'art employé dans ce poëme: il est tel
qu'on peut en commencer la lecture par le dernier chant comme par le
premier; je dis même qu'on peut le prendre au point où l'on veut sans
que l'intérêt en souffre; on peut commencer par le dernier vers et finir
par le premier; on y trouvera le même plaisir, et ce n'est pas une
petite chose que de s'amuser et de s'instruire sans fatiguer son esprit.

J'espère que cet ouvrage occupera un rang distingué dans les
bibliothèques où il pourra trouver place auprès du _Biévriana_, des
_Bigarrures du Sr Des accords_, _etc., etc._ et qu'un jour il sera payé
au poids de l'or par les bibliomanes qui le feront magnifiquement relier
en maroquin et dorer comme un calice; je me transporte en idée dans ces
tems reculés, et je jouis par anticipation des hommages qui me seront
rendus par la postérité.



ANAGRAMMEANA

POËME.



CHANT PREMIER.


    Lecteur, il sied que je vous dise
    Que le sbire fera la brise,
    Que le dupeur est sans pudeur;
    Qu'on peut maculer sans clameur;
    Qu'il est certain que par la crainte
    Et de la fiente et de la feinte,
    Et par le prisme du mépris,
    Le souil ira couvrir Louis.
    Mais si le remord veut vous mordre,
    A dorer vous aurez de l'ordre;
    Par nérite! on est érinté
    Par le béton de la bonté.
    Dans Achem on mange la mache,
    Ce qui fait qu'à cacher on crache;
    Le dragon mange du gardon
    Et sa portion de potiron.
    Parce que nous avons la carpe
    Faut-il échaper à l'écharpe?
    De tabagie à l'abigeat
    Il fait un galet d'un légat.
    Son agrie en devint plus aigre
    Quoiqu'en galère il fut alègre;
    L'homme brusque il faisait busquer
    Et puis calquer, même claquer.
    S'il conserve une soeur converse
    C'est pour porter la serpe en Perse,
    Lorsque le trois sera sorti,
    Le faible ilot sera loti.
    Pour dévier à la dérive,
    Il transformat la vie en ive;
    En prenant le brout d'un butor,
    D'un roc il se faisait un cor.
    Il a choisi le beau de l'aube
    Pour faire l'orbe d'une robe;
    Et dans ce siècle ciselé,
    Il fera cloué de coulé.
    Les récolets font les récoltes,
    Comme les volets font les voltes.
    Voulez-vous un saint de satin?
    Prenez le carmin de Macrin?
    La bête asine a la sanie
    Comme Almadie a maladie.
    J'admis un jour le roi Midas
    A manger salep et lépas;
    La surcase de sa cassure
    A suer en devint plus sure.
    Le chérif tint la terre en friche
    Lorsque l'échin lui fit la niche.
    Vous amusez-vous d'un hicard?
    Prenez-garde qu'il soit chiard.
    Sa chiasse est sur la chassie,
    Et même celui de Lucie,
    Pour chicoter un ricochet
    Prenait le châtel d'un châlet.
    Sur son échasse elle est chassée,
    De sa causée elle est saucée.
    Pline remplit tout son pénil
    D'un dur lichen dans un chenil;
    Sa césure en fut plus sucrée,
    Et son échiffre mieux chiffrée.
    Cherchant un ranchier au charnier,
    Il chiera tout plein son cahier;
    Pour chier il fait une chrie,
    Et lorsqu'il a la ripe il prie.
    Citer d'un écrit le récit
    Le fit coti dans son coït.
    Il mettrait sa proie à la poire
    Et momerie en sa mémoire;
    S'il veut établir un blatier,
    Qu'il lui donne son tablier.
    L'époux est épris d'une prise
    Dont la prisée était éprise.
    C'est en marchant qu'il est charmant
    Et tané comme le néant.
    En voulant prendre notre trône,
    Il s'en fut pour noper au prône;
    Le lanture est au naturel
    Ce que le plane est au napel.
    Un jour voulant damer le drame,
    Je passai la mare à la rame;
    Là je vis le diacre Dacier
    Se faisant cirer pour crier
    Par une femme courtelette
    Qui mangeait une croutelette;
    Il fut repic, même crépi,
    Il a pâti, puis s'est tapi.
    Le coude lève à femme douce
    Comme la coupe de son pouce.
    La bruche va dans le bucher,
    Pour charmer elle veut marcher.
    Chaque langue aura sa lagune
    Pour butiner à la tribune;
    Les poires donneront l'espoir
    D'aller voir les rois sur le soir;
    Le calque sera fait de lacque,
    Notre barque ira comme un braque.



CHANT DEUXIÈME.


    Lorsqu'un Priape de papier
    Dérive avant de dévier,
    Il fait l'éloge de géole,
    Et se voile d'une viole;
    Il veut verser pour se sevrer,
    Trouer la roture et l'outrer;
    Il met ses veines dans Venise,
    Sa salive dans sa valise,
    La plus jeune dans son enjeu,
    Et la plus neuve à son neveu:
    Aussi sa grive est-elle givre
    Dans un cuvier tout plein de cuivre.
    Jusqu'en son verre il veut rêver,
    Et dans son verger se gréver;
    Il recule en voyant l'ulcère.
    Privée et pris par sa vipère,
    Il unit les époux la nuit
    Et trop mutin il les munit
    D'un alfier qui vole et qui flaire
    Pour égaler une galère.
    C'est un agent comme un géant;
    Il est ganté comme un étang.
    Il veut huer avec sa hure,
    A puer elle devient pure;
    De tendre elle ferait denter,
    Trop brute elle ferait buter.
    L'ilote prendra de la toile
    Avec une olive de voile,
    S'il rencontre un algérien;
    Il le fera galérien.
    De l'alezan la voix nazale
    Des faciles fera fiscale;
    Il ira chercher l'alevin
    Pour lui tenir lieu de levain.
    Le gardien prendra la gradine
    Pour aller dans l'Inde où l'on dine;
    S'il fait un diné d'un déni
    Par le nitre il sera terni.
    Dans Ternate il verra Tarente
    Et dans tenter il mettra trente,
    La tarte le fera tâter
    Et tarer le fera rater.
    Mettez une clape à sa place
    Le ressac donnera la crasse
    Par la ponte ayez le peton
    Et par le potin le piton,
    Il s'est perdu pour une prude
    Dont la mine était dure et rude
    Prenant le platré d'un prélat,
    D'un lacet vous verrez l'éclat;
    A tarder vous aurez la dartre,
    Mais pour tramer prenez la martre.
    L'hymne vous donnera l'hymen
    Pour chanter l'ange dans Agen.
    Avec l'armet on suit la trame
    Dans la mare on verra la rame;
    Pour noter avec un tenor
    Il lui donne la corne encore.
    La brue aura l'habit de bure,
    La sueur viendra de l'usure;
    Lorsqu'on est sure un peut suer
    Et si l'on ruse il faut user.
    Lorsque du porche on sera proche
    Le cocher buveur ira croche;
    Caduque puise à l'aqueduc
    Pour y trouver le cul de Luc;
    S'il en voit la couleur vermeille,
    Il crie: ah! c'est une merveille!
    Ici le brave doit baver,
    Pour veler il faut se lever,
    Car de Minerve la vermine
    De saine deviendrait asine:
    Si dans le Mein tu vois le mien,
    Dans ton sein tu verras le sien.
    Lorsque dans la Meuse une truite
    Se repait avec la turite;
    Le fiacre aura soin du cafier
    D'Hipocrate pot à chier.
    Si tu mets la tortue en tourte,
    Ne fais pas la croute trop courte;
    La souris puera le roussi,
    Le crime nous criera merci.
    Si l'on voulait ambrer du marbre
    D'une barre on ferait un arbre.
    Quoique le lac vous fasse un cal,
    Soyez malingre en germinal.
    La cigale abonde en Galice,
    Avec la cive on a le vice:
    Mon dessein est de le claquer
    Parce qu'il veut toujours calquer.
    Lorsque les ânes sont dans l'anse,
    Le nacre peut devenir rance;
    L'ingrat mangera le gratin,
    La graine fournit le regain.
    Le créateur, la créature;
    Et le graveur et la gravure,
    Font que les grains sont bien garnis,
    Que par le supin je punis.
    Certaine drogue est une gourde
    Qu'on veut souder lorsqu'elle est sourde.
    Nicodème est comédien
    Lorsqu'on veut nier on n'a rien.
    Si mon ménage est un manége,
    Mon génie ira dans la neige.
    Si vous voyez pauvre paveur
    Garantissez-lui la vapeur.
    Avec de l'encre on fait le cerne
    Lorsque l'on entre l'on est terne.
    Le bétail est bien établi
    Lorsque son poil est bien poli.
    Je vous accorde une cocarde,
    Prenez-donc le grade du garde.
    Pour admirer un madrier,
    J'admire le jeu du damier.
    L'épicerie et l'épicière
    Font un recueil de la culière.
    Au carmel on verra Marcel,
    Prendre les, pronom, pour du sel.
    L'émigré fuit notre régime,
    C'est sa manie, elle l'anime.
    Un haricot comme un chariot
    Porte un trope comme un Perot.
    Il est digne d'aller à Gnide,
    D'en passer la digue sans guide.
    On a beau curer un recru,
    Duper la prude, il est perdu.
    A ce singe faites-vous signe?
    Le linge sera sur la ligne;
    Si le frêne chauffe l'enfer,
    Le cancre ira vers le cancer.



CHANT TROISIÈME.


    La limace a de la malice,
    La Sicile offre la silice;
    Avec l'étron on peut noter,
    Avec de l'argent se ganter.
    Si Laerte nous rend alerte,
    Prête nous donnera la perte.
    Avec le nitre il faut tenir,
    Par le rubis on doit subir;
    Et si la lèpre est une perle,
    Mêler nous offrira le merle.
    Avec Minos nous aurons moins,
    Les girons donneront des groins,
    Délier fera le délire,
    Avec ride l'on pourra dire
    Que les arts donneront des rats,
    Et les granits rendront ingrats.
    Les nitrates font des tartines,
    Nîmes fera faire des Mines;
    Avec ars nous serons bien ras,
    Dans le sac on mettra le cas.
    Les gantiers feront des ingrates
    Les âtres rôtiront des rates;
    L'iman nous donnera la main,
    Le Nil fera croître le lin.
    Avec argile on aura glaire,
    Architecture, charcutière;
    Si nous voulons nous délasser,
    Nous boirons pour nous dessaler,
    Avec la blate on tiendra table,
    Avec bale nous aurons l'able;
    Le lecteur peut dire ouf! le fou;
    Moi d'une tour je ferai trou.
    L'acier donnera la carie,
    Nime nous offrira l'amie;
    Les Maures iront s'amuser,
    Un sbire les fera biser.
    Un cadeau donne de l'audace,
    L'acre nous donnera la race;
    Le cadran peut faire un canard;
    Le tracé donnera l'écart;
    Et pour écarter un cratère,
    Ecorche une porte cochère;
    Pour prier avant de riper
    Parle, alors tu pourras laper.
    Le panier porte la rapine,
    Le Mein vous donnera la mine;
    On peut plaire sur un palier,
    Mais aussi rien peut le nier.
    Si vous faites la nique au quine,
    Dans une minute mutine,
    Vous direz le monde un démon,
    Et trouverez le nord tout rond.
    Sans le cône il n'est point de nôce
    Ou bien c'est l'essor d'une rosse.
    Si César n'était point sacré
    Et le carême macéré,
    Saluces serait sans culasse;
    Sans casser il n'est point de crasse.
    Un parent me donne un arpent,
    Je lui fais présent d'un serpent;
    Si l'organe donne une orange,
    Soudain je nage sur un ange;
    Je mets panis dans le sapin,
    Et vois le plain sur un lapin.
    Avec canule on fait lacune,
    Si l'on prend nue on peut faire une.
    Gallien peut être inégal,
    La laide nous donne idéal.
    La liane sera la laine,
    La lapine ira dans la plaine;
    Ici les bouts seront obtus,
    Par là les uns seront tout nus;
    Ici les alpes seront pâles,
    Les lames donneront des mâles.
    Le bélitre a la liberté,
    Le pirate a la parité.
    Le messier veut être messire;
    Il crie, il hape, il prend la cire.
    La lime peut donner du miel;
    La lice fait gagner le ciel.
    Son image est une magie
    Qui donne au Maine la manie;
    Les ivrognes sont vignerons,
    Les romans deviendront marons;
    Ainsi la turbe est toujours brute;
    Mais le tube deviendra bute.
    Le mois de mai nous est ami;
    Curé ne prend dîme à demi;
    La canête sera tenace
    Et la carte suivra sa trace.
    Hélas! Caton dans un canot,
    Perdit son ost et fut tout sot.
    Le doreur donne la dorure,
    Mais le rodeur aura l'ordure;
    Et par la crainte il est certain
    Que Damien sera mort demain.
    On a beau couper sur sa croupe,
    La poule aura toujours la loupe.
    Le cep fera manger du pec,
    Avec ces il deviendra sec.
    Si la folie est en fiole,
    J'aimerai flore et je la frole.
    Si le détail est dilaté,
    L'état sera bientôt tâté.



CHANT QUATRIÈME.


    Lecteur, reprends cette lecture,
    Sans muer tu deviendras mûre;
    Le mon te donnera le nom
    Lorsque les nos prendront du son.
    Si tu voulais une morille,
    Tu la trouverais sous l'ormille;
    Et si tu chéris le moreau
    Va le retrouver sous l'ormeau.
    Quoi! tu veux trouver un monarque,
    Attrape le dans le nomarque;
    Le moindre voudra dominer
    Et le minéral laminer.
    Vois-tu la macre de ce carme!
    Ah! comme il marche, c'est un charme!
    Lecteur! veux-tu te marier?
    Imite le gentil ramier.
    Lorsqu'Aminte sera mâtine,
    Son chien reviendra de la Chine.
    Le prince a seul droit de pincer,
    S'il renonce il sait s'énoncer:
    La misère aime la remise
    Comme le seigle fuit l'église.
    Aride pourrait nous aider
    Comme la dartre peut tarder;
    On criera merci pour le crime;
    Pour l'animer on se ranime,
    L'acre et la race font arec,
    Comme de cave on fait avec.
    Toutes les tuiles sont utiles
    Comme les aigles sont agiles.
    Ah! si la berle fait bêler,
    On peut bien blaser pour sabler.
    Nous irons chercher aux tropiques
    Des glaces comme des portiques;
    Et si nous aimons le blason,
    Nous irons vendre du sablon.
    Blaise et Basile ont la balise
    Comme dans une isle on voit Lise;
    Avec la torche et le rochet,
    Il faut tacher d'avoir l'archet.
    A la Chine on nous fera niche
    Par chier on deviendra riche:
    Alors le chantre peut chanter,
    Et quoiqu'il en puisse couter
    Il aura croute, coutre, courte,
    Même une outre nageant sur l'Ourte.
    Mon rival vers le mois d'avril
    Rouira son lin dans le Nil;
    Si ma veine lui porte envie,
    Elle est vraie, elle en est ravie;
    Les rois la verront sur le soir,
    Lorsque l'orin deviendra noir.
    Il n'est pas de sauce sans cause,
    Quoiqu'on puisse oser sans la rose,
    Avec la rose on peut oser,
    Avec la prose se poser.
    Ronce et crone feront la corne
    La cornée encore j'écorne.
    Lorsque le concert est concret,
    Elle est plate comme un palet.
    Rance, écran, carne, ancre et le crâne
    Pour caniche feront chicane.
    La charité peut nous châtier,
    Le mérite aura son métier,
    Le créole sera colère
    S'il a de la marée amère.
    A choper on peut se pocher,
    A la brèche on pourra bêcher,
    A la mode on verra le dôme
    Lorsqu'Omer ira jusqu'à Rome;
    Si vous avez admis Damis,
    Avec mais vous serez amis
    Pour échapper à cette écharpe
    Faites un phare d'une harpe;
    Le drame vous fera damer
    Avec la rame on fait amer
    Mon dessein veut que je dessine;
    L'infâme prendra la famine,
    Et s'il veut manger du cardon,
    Il aura recours à Dracon.
    Estimons la feinte une fiente;
    Ergot la grote, entre la rente;
    Avec de l'ordre on peut dorer,
    Et même l'on pourra roder,
    De fiel si l'on fait une file
    De lipe on ferait une pile;
    A désirer de résider,
    Avec le cèdre on doit céder,
    Le folet entre dans la flote,
    La tole donnera la lote.
    Deviner s'il peut devenir
    Ravine, navire, avenir,
    Le fluet est comme une flûte
    Tout comme mutine est minute;
    L'échif nous donne une fiche
    A ficher on fera la friche;
    La fraude nous fera fauder,
    Regard, Gérard feront garder.
    Plus une forêt sera forte,
    Plus le prote ouvrira la porte:
    Le traître viendra nous traiter,
    Si je frête, je veux fêter.
    Si par férir on voulait frire
    Par la ruine on pourrait nuire.
    Ce que j'ai de frêle à fêler,
    Est une fleur qui peut fluer.
    La gaieté toujours agitée
    Fait que l'étage est tout gatée;
    Pour moi, je fuis, car c'est du suif.
    Non, te dis-je? fi! c'est de l'if.
    Quand le Luen verra la lune
    Prendre sa canule en lacune,
    Et quand je sentirai l'auster,
    On pourra bien me voir sauter,
    Dans la bauge mettre ma bague,
    Ensuite baguer comme un brague.
    Si l'alose sent l'aloès,
    Je pourrai bien saper après,
    Et donnant une aile à la laie,
    La femme du geai sera gaie,
    Et le bélitre en liberté,
    Créat le tracé du carté.
    Prends la carouge avec courage,
    Et de la sauge fais usage,
    Puis mets le condor au cordon
    Pour voir de Condé le cédon.
    Avec une arête tarée
    Pour émier une mirée,
    Sur velin peindra l'épinard
    Que Gérard goûte d'un regard.
    Fais une volue à la louve
    Et s'il est ouvert, qu'on le trouve,
    Fais nous fariner un refrain,
    Avec le pian fais-nous du pain.
    Veux-tu boiter dans ton orbite?
    Hé bien, crois-moi, tire le rite.
    Si tu veux fuser un refus,
    Fais ton salut sur un talus.
    Equipe le poëme épique
    En Querci tu verras la crique;
    Et si l'on décrit le crédit
    Aussitôt d'un trait il tarit.



CHANT CINQUIÈME.


    J'aime la game comme un mage;
    Gare, vous dis-je, c'est la rage!
    Parce qu'un géant est ganté
    Faut-il que l'égout soit gouté?
    Non la tige va droit au gîte,
    Et le rétif va sur la frite.
    Mais la gale rend tout égal
    Pour galer on fait un régal;
    En sorte que s'il a l'entorse
    Le cofre sera dans la force.
    Si l'on voit les tirans riants,
    Les phalènes sont éléphans.
    Socrate cuira les carotes
    Et fera les tostes des sottes;
    A côté, je pairai l'écot,
    S'il est ort, je prendrai le rôt.
    Et pour estimer le mystère,
    Je rendrai service au viscère:
    Si pour flétrir il faut filtrer,
    A trier vous pourrez tirer.
    Le rêveur aura la verrue,
    Un peu dure, même un peu drue
    Il était envié, veiné,
    Sa parenté l'a trépané.
    Pour notre coulpe prend ce couple
    Les poules le rendront plus souple
    Si le pénil de Pline est plein,
    Un zani donnera le zain.
    La carouge enfle le courage,
    L'ancrage offrira le carnage;
    Le grade, la garde et l'égard
    De cardan feront un canard.
    L'arimage est un mariage
    Qui de la sauge fait usage.
    Voyez-vous ce gueux de carlin
    Comme il sait bien faire un larcin!
    Avec le mirte d'une mitre
    Il pourrait vêtir une vitre.
    L'alonger pour la galoner
    Le moindre voudrait dominer.
    Ta valise dans la salive
    De vaine deviendra naïve.
    Ce genre pourrait nous gêner,
    Nous ranimer, nous mariner.
    Pour épier voyons l'Epire,
    Qu'il rie il quittera son ire;
    D'un bidet il aura débit,
    S'il boit le jour de son obit;
    S'il reçoit la verge à la grève
    Sa vierge en sera plus griève;
    A Siam sont ses amis, mais
    Il ira les saper après.
    Si l'on porte envie à ma veine,
    De l'épine on aura la peine;
    L'orpin fera prendre à Piron
    Le joli contour d'un crouton.
    Le chanteur chante pour la tanche,
    Il veut encor chanter la tranche;
    Il veut causer, je veux saucer,
    Il se crasse, je veux casser;
    Tout en voulant bifer la fibre
    Je mets le bercail en calibre.
    S'il munit un âne mutin
    De la vision de son voisin,
    Dans la poussière des soupières
    De prières il fera pierres.
    La faim canine d'un ancien
    L'a béni lui faisant du bien.
    Vers le Pérou tourne la proue,
    Pour avoir l'odeur de la droue;
    On peut entrer pour me renter,
    Et de la rente on peut m'enter
    Dans la rigole de la gloire,
    Je sais obéir et puis boire.
    Si le bétail est établi
    Plier lui fera le repli;
    Lorsque la napée est panée,
    Elle peut encore être apnée.
    En Adel on surprit Léda,
    A notre abord elle broda.
    Un amuseur dans la saumure
    Va s'amuser dans la masure.
    Le jour où l'on corna Craon,
    Acron fut passé par Caron;
    Icare ira chercher au Caire
    Une raie au milieu d'une aire.
    L'Algérien galérien
    Fut alingé par Galien;
    Il croasse dans un carosse,
    Pour bosser avec un brosse;
    Il porte Adonis aux Danois,
    S'il a soif il boit une fois.
    Blaise mettra dans sa balise
    Une asile avec une alise;
    Le caramel le calmera,
    Pour avaler il lavera.
    S'il veut aviner un navire,
    En Brie il portera la bire;
    Dans Albi voulant faire un bail,
    Il se fit lai pour manger l'ail
    Et sur l'aile d'un aigle agile,
    En son fiel il suivit la file;
    Il fut amplier un palmier
    Pour lire au lieu de le lier.
    Sur la lampe d'une ample palme
    Il prit la macle pour le calme.
    Si nous aimons notre maison,
    Du sablon prenons le blason.
    Le Dace fournira le cade
    Pour la madone et la monade,
    Sur l'Etna tu verras l'anet,
    Fais en l'acquet par ton caquet.
    Glane le lange auprès de l'angle,
    Et dans les angles prends la sangle,
    Malines vend des alimens:
    Prends les arpens de tes parens
    Par l'armure de la ramure
    Il met sa tapure en pature.
    Porte les graines aux engrais!
    C'est votre avis! hé bien! j'y vais.



CHANT SIXIÈME.


    Lorsque Seba prit une base
    Il la fit de sable qui blase;
    Dans son cabat mit du tabac
    Et trouva son cas dans son sac,
    Qu'il changera pour un archange;
    D'Agen il ira trouver l'ange.
    En prenant le taureau d'Autreau,
    A sa cause il mettra le sceau;
    Il est altier en sa latrie,
    Prend l'ancolie en Laconie,
    Et pour mieux parler le latin,
    Il va l'apprendre dans Altin;
    Il est d'un caractère aimable,
    Docile, charmant, amiable;
    C'est ainsi qu'on le dit niais
    Pour être aux aguets des augets.
    Pour nous aider il est aride,
    L'arsacide est un ascaride;
    Il est traître pour attirer,
    Il est de marbre pour ambrer;
    Et quoi qu'il ait l'ambre du brame,
    Il ne va que l'amble du blâme.
    Pour le carner il faut l'ancrer
    Et pour ramer il va marer
    Il prend la marée à l'armée
    Quelquefois même à la ramée.
    A s'égarer pour agréer,
    Il régorge pour s'égorger.
    De la rame il se fait une arme
    Et de marle il prend une larme:
    Le camus prendra du sumac
    Il mettra son cal dans le lac;
    A facer la mine d'un Cafre,
    Les affres donneront du saffre;
    Le carlet offre le cartel
    A Marcel sur le mont Carmel;
    Près de Nicole et Coline,
    Va tatiner une tartine.
    Je courberai le caroubier,
    Dans la varice d'un cavier.
    La centurie à la ceinture
    Crêüse a creusé la césure
    Et voulant ficher un chérif
    Lui donna le fichet chétif.
    Voulez-vous nuire à sa ruine?
    Faites-lui lacher son urine;
    Vous lui direz, s'il veut plaider,
    Qu'il peut se faire lapider.
    Le nomade a mis la madone
    A la poterne de Pétrone.
    A Rouen faut-il tant nouer,
    Se ruiner pour uriner?
    Les caniches font des chicanes
    Pour mettre l'anse au dos des ânes;
    Dans le curoir il faut courir
    Et prendre zirphé pour zéphir,
    Prendre la treille d'une étrille,
    Et pille étron de Pétronille.
    Par son rhume il voulait l'humer
    Pour le marcher et le charmer.
    Quand le grand Dacier était diacre,
    Le cafier cultivé du fiacre,
    Faisait le lopin d'un pilon
    Pour nourrir de loin le lion;
    Il l'avait porté à la Protée.
    Au prêtre il a voulu prêter,
    Une porte mais pour opter,
    Faite à Naples avec des planes
    Tirés des plus saintes tisanes;
    Au Liban il fit son bilan,
    Et mit une canne à l'encan;
    Mit en canelle sa nacelle,
    Pour la porter à mère Ancelle;
    Par le brai la met à l'abri
    D'être filtré s'il n'est flétri
    Pour la carpe prenons la câpre
    Qui se pare en devenant âpre.
    Soyez cruel envers Nevers,
    Ce sera verser le revers.
    Oui, la gorgée égorge George,
    Mais à l'égorger il regorge.
    Fréron était moins qu'un ferron;
    Bon! il ronfle comme un frelon,
    Avec sa gourme il a la morgue
    Et devient rogue comme un orgue;
    Aussi bigle que le Gibel
    Il frappait Léon et Noël;
    De lipe il faisait une plie
    Prenait l'étoile en Etolie;
    Le varech faisait un vacher
    Avec la croche du cocher,
    Pour la garance il prit caragne
    Près de la maligne Limagne,
    Eacus fut si bien saucé,
    Si dessalé, si délassé,
    Qu'il mit l'ucher dans une ruche,
    Et dans le bûcher prit la bruche;
    En voulant voir huer son heur,
    Il fut heurter chez un rhéteur;
    Mais la gantelée élégante,
    Etant mise auprès de sa tante
    A son réveil suivit un lièvre
    Qui voulut vêler par sa lèvre;
    Avec le titre d'un tiret,
    Dans la Thrace il fit un archet,
    Il est si sobre comme sorbe,
    Broute la tourbe et le tuorbe,
    Prend de l'arbois chez le Barois,
    Des viragos dans les gravois:
    S'il change il mérite la ganche;
    Il chancèle pour une éclanche;
    Mais l'anis le rendra plus sain,
    Ou le milan sera malin,
    Le more ira tout près de l'orme
    Faire la morce d'une corme
    Près de minot, miton, timon,
    Il mettra moins, Minos, Simon.
    Il punit le reste des êtres
    D'avoir pris les éthers des hêtres.



CHANT SEPTIÈME.


    Quand parfois je mire une rime
    Je suis à la merci du crime;
    Pour suer si l'on veut m'user,
    Moi je renonce à m'énoncer.
    Auguste cruel pour son lucre
    Lorsqu'il voulait sucer du sucre,
    Avait un scarificateur
    Qu'il faisait sacrificateur.
    Il prend et poularde et palourde
    Laquelle à souder devient sourde,
    Et voulant plaire à son pareil,
    Mit du lotier sur son orteil.
    Le lierre oblige à relire.
    Il prend l'étrier, le retire,
    Et me fait goûter du rouget
    Pour m'attirer dans un retrait:
    Puis en raie il s'en fut dans Aire
    Romaniser un sermonaire.
    Fait réciter pour étrecir,
    Dit-il, les rides du désir;
    Donne à Darsine une sardine,
    La sinovie à ta voisine;
    Va digérer pour rédiger,
    A Lorge tu viendras loger:
    Là le doreur fait la dorure,
    Le relieur, la reliure,
    Le tuf y sent même le fut,
    La brute est passée au rebut.
    Le corbeau prend une merise
    Au beau milieu d'une remise,
    Disant le renard la rendra,
    En criant gare! dans Egra.
    Cependant pour l'oter il rôte,
    Puis se met à coter la crote,
    Il prend le boire pour l'obier,
    Met le bousier dans l'obusier;
    Puis me fait léguer du régule
    Peint avec le bleu d'une bulle;
    D'un nabot il prend le baton,
    Pour faire un tapon d'un paton;
    A cet ogre il porte de l'orge,
    Qui pour s'engorger se rengorge.
    Il dit: prend trope pour toper,
    Va pioler pour opilier;
    De paitre il faisait la partie,
    Car un pirate est sans patrie.
    Partons pour prendre du sparton,
    Toutes les femmes ont le ton.
    La sirène est une résine
    Qui se nipe de fil de pine;
    Qui vous _sert très_ fort dans ses _rets_,
    Son siflet vous prend aux filets.
    Moi, je m'en vais en Utopie,
    Pour y jouer de ma toupie,
    J'y serai répu par la peur,
    Car le plieur fait le pileur;
    Il périt de répit, il tripe,
    C'est pire, il prie, il a la ripe;
    Il met le placet au clapet,
    Et la plate sur son palet,
    La verdeur dans la verdure,
    Puis met en poudre la podure:
    Met une perche à ce pecher,
    Va se percher pour mieux prêcher;
    Prend la pépie à la pipée,
    Etait de série une risée;
    Prend de l'argent et du grenat,
    Met son rabat dans un barat,
    Avec de solides idoles
    Qu'il prend pour en solder ces drôles.
    Ah! dit-il, que cette aube est beau
    Le poireau vaut bien l'oripeau!
      Je te salue, ô joli saule!
    Protège l'algue dans la Gaule!
    Donne des riens pour le serin!
    Que le Sabin ait du basin!
    Donne au rêveur une verrue!
    Fais que l'une soit dans la nue!
    Que le voleur bien révolu;
    A se souler soit résolu!
    Fuis les tuorbes et les tourbes,
    Je suis obscure auprès des courbes;
    Mets dans le patis un tapis
    Pour servir aux divers Dervis.
    Avez-vous vu ce triste spectre?
    A la main il portait un sceptre.
    Suivant la trace d'un caret,
    Il fait fuir Albert dans Albret.
    Le maire veut aimer Marie
    Et prend de la saie en Asie,
    Où d'une raine un vil anier
    Voulait adirer un radier.
    Si de cuire il a la curie,
    C'est par la boite de Tobie;
    Le diable chiera le cahier,
    Afin de croiser le sorcier.
    Il prend les Boiens en Bosnie,
    Puis il burine la Brunie.
    Un jour Lia mangeant de l'ail,
    Prit Corali pour du corail;
    Et par les veuves du Vésuve,
    Elle fut vétue en l'étuve;
    Puis elle crie avec Eric
    Aux racines de l'arsenic!
    Elle fut logée en géole,
    Dans la Loire fit la riole;
    Une bourde la fit bouder,
    Mais un rebord la fit broder.
    Alors sa tente en fut plus nette;
    Elle s'émeut elle est muète,
    Avec la larve du Velar,
    Dans Arch on vit trainer son char;
    Lorsqu'elle parut dans Adda,
    On la vit trainer son dada;
    Grande elle fut dans le danger
    Et mit à gerber son berger;
    Alors voulant bouler un rouble,
    Dans son bourlet elle vit trouble.



CHANT HUITIÈME.


    Ulisse le fils de Laerte
    Etait vif, prompt, subtil, alerte;
    Lorsqu'il voulait se délasser,
    Il buvait pour se déssaler,
    Alors il était plus aimable;
    Et d'un caractère amiable.
    Etant tout ce qu'il peut valoir
    Il sortait vite du lavoir,
    Pour aller faire une rôtie
    Chauffée avec du feu d'ortie;
    Alimenté par ses ablais
    Qu'il prenait avec des balais.
    Adet lui présentait la date
    Où la tare prenait la rate;
    Avec son aire un peut riant,
    Le Tarin est un vrai tiran,
    Qui, pour aller braire à Briare
    Ouvre la rape et puis la pare,
    Pour la porter à Gabrielle
    Qu'il trouva chez le Barigel.
    Dans Arle il va plumer un râle,
    L'ouvre avec la lame du mâle;
    Met le chabot dans son bachot,
    Oui, je le dis, Tom est le mot.
    Mais sur les flancs d'une autre Taure,
    Dans Rome il vit qu'un vilain more
    Va baliser un sablier
    Pour baisoter un sabotier,
    Qui, dans Ulme prit une mule
    Donnant la berlue à Bérule;
    Il fut y viser pour sévir,
    Prit le ribaud pour se baudir
    Avec Benoît, d'une bonite,
    Il fit la trémie au mérite,
    En passant les nuits à Tunis,
    Tous les mois il avait omis
    De recueillir des violettes,
    Et de danser les olivettes,
    Avec un octuple couplet.
    Qu'il tenait d'un pétrel replet.
    Son corps enflé comme une nèfle,
    Avait tout le reflet du trèfle,
    Il a tant cuvé, tant vécu,
    Que son duché sera déchu.
    En traitant la dermologie,
    Il apprit la merdologie.
    Qui me fit douter au détour;
    Pour la trouer à mon retour.
    Il prit à Fleurus du sulfure
    Dont le facteur fit la facture;
    Mit le nectar dans le carnet,
    Puis voulut quitter son triquet.
    Il prit les taches pour les chates,
    Le seringat pour les ingrates;
    Il mit une bonde au bedon
    Qui faisait bondir un bridon.
    Il fit peloter le Pétrole,
    Dialoguer la gaudriole,
    Du nostoc il fit des cotons,
    Des brontes avec des Bretons;
    Aux brebis il donna des bribes,
    Des brices il en fit des scribes:
    Lorsqu'il vit le ciel étoilé,
    Par l'ombre il fut étiolé.
    L'enragé dans une garène
    D'un ennemi faisait la mienne:
    Il prit le reste pour ester
    Et du hêtre il fit de l'Ether,
    Enfoui par une fouine,
    Dans le terrein d'une terrine,
    A l'écart il prit du cérat
    Que le carté tracé créat
    Lorsqu'il voulut gêner le nègre,
    Il prit un image bien maigre;
    Fit des tripes avec esprit,
    Puis voulant citer un écrit,
    Médée a guéri son édème,
    Prenant la berme sur la brême,
    Il nous berce avec un rebec,
    Ayant les pactes pour aspect.
    Qui traite ce fabel de fable
    A Basle ira vendre du sable,
    Activé dans la cavité,
    Il mit l'écot de son côté;
    Pour abuser de la sabure,
    Il se fit clouer la colure.
    S'est-il agi d'être plus gai?
    Elle était gaie autant qu'un geai.
    Dans Alep elle devint pâle,
    Avec l'alce se fit un cale;
    D'acqueter et de caqueter,
    La clôture elle fit clouter.
    La caline, avec la lanice,
    Me fit acciper un caprice,
    Et me fit fendre le refend,
    Au milieu d'un centre récent.
    Lorsque les unes sont aux nues,
    Le Suisse en connaît les issues.
    A prier elle crut périr,
    Vit le vanier dans l'avenir,
    Puis elle a fait chomer le chrome
    Et transporter de l'orme à Rome:
    Les mères voudront en semer.
    Faut-il tant armer pour ramer?
    La lapine disait en plaine
    Que Lavinie était Vilaine;
    Que, qui d'un mur tire du rum
    A Munster perdra son sternum;
    Fit de Bénoite et de Bétoine,
    L'antinomie à l'antimoine,
    Disant: met l'argot au garot,
    Timon ne vaut pas un minot.
    Voulant établir ma créance,
    Je ferai faire la carence;
    Car j'ai la valeur d'un laveur
    Et la rapure d'un rapeur;
    La bravade d'une bavarde
    Je sais valider la livarde,
    Je laisse taillure au tailleur,
    La ciselure au ciseleur,
    Et sur la tige d'une gite,
    J'ai méritée une émérite.
    S'il est harpé par son hépar,
    Je lui banderai son arc, car
    Près de la nièce de Cénie
    Aussi fière qu'une férie,
    Il mettrait un frein au férin
    Auprès du manoir d'un Romain
    Prendrai la rotule à la loutre,
    Puis en route il passerait outre,
    Car, sur le socle il est éclos,
    Moi je vais poser mon repos.


FIN.


Lille, Imp. Horemans.



LIBRAIRIE ANCIENNE ET MODERNE

DE LELEU A LILLE.

RÉIMPRESSIONS EN PETIT NOMBRE.


Raillerie universelle, dédiée aux curieux de ce temps, en vers
burlesques, précédée d'un avertissement, par M. Ch. V. S., in-12 broché.
Lille, 1857, tiré à 150 exemplaires sur papier vergé. 2 »

_C'est la reproduction d'une des plus curieuses pièces publiées en 1649,
sous le titre de Mazarinades._


Lille en vers burlesques. Les embarras du jour de l'an, moeurs des
Lillois anciens et modernes, les promenades de l'Esplanade, sur
l'imprimé à Lille, 1731. Lille, 1857, in-12 papier vergé. 2 »

_Il ne reste que quelques exemplaires._


Dissertation sur les maléfices et les sorciers, où l'on examine en
particulier l'état de la fille de Tourcoing, sur l'original de 1752.
Lille, 1863, gr. in-18 pap. de Hollande, tiré à 200 exemplaires. 3 »

_Jolie reproduction de ce petit livre curieux dont chaque page est
encadrée d'un filet rouge._


Histoire du prince Croqu'étron et de la princesse Foirette. A
Gringuenaude, chez Fleurimond Mordant, rue du Gros-Visage, sur
l'original. Lille, 1864, in-12 papier de Hollande, texte encadré d'un
filet rouge, tiré à 200 exemplaires. 3 »

_Jolie réimpression de ce petit livre facétieux, devenu rare et dont
l'édition originale atteint souvent en vente un prix exagéré._


Catéchisme des courtisans de la cour de Mazarin. S. L., 1649, petit
in-12 de 16 pages, papier de Hollande. Lille, 1866. 1 50

_Réimpression de ce curieux opuscule tiré à 122 exempl. renfermant 53
questions facétieuses dans le genre de celle-ci_: Qu'est-ce qu'un
Cornard? _Rép. Un homme dont un chacun dit du bien et que personne
n'envie._


Le Catalogue de livres anciens et modernes sera adressé aux personnes
qui en feront la demande.

DIRECTION DE VENTES DE LIVRES, ACHATS DE BIBLIOTHÈQUES, ÉCHANGES, ETC.,
ETC.


Lille, Imp. Horemans



NOTE DU TRANSCRIPTEUR


On a conservé à l'identique l'orthographe de l'original. Seules les
coquilles les plus manifestes ont été corrigées (par exemple "vout"
corrigé en "vous").



*** End of this Doctrine Publishing Corporation Digital Book "Anagramméana, poëme en huit chants" ***

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